Je ne saurais commencer cette petite histoire sans parler de mon papa, sans dire ma profonde gratitude pour les longues balades dans les Hautes Fagnes, bien avant que les chemins des Fagnes ne soient aménagés.
Les heures de pêche au petit matin sans rien dire, ou si peu, et parfois sans rien attraper... juste à être contents d'être là à la fraîche avec à nos pieds le clapotis des vagues ou d'une rivière.
Mon père connaissait par leur nom les plantes, les oiseaux, les insectes, poissons, les pierres et les reptiles, il savait parfaitement s'orienter sur une carte en pleine nature et était un marcheur infatigable. Parfois il ramenait de balade des morceaux de souches ou des bois flottés qu'il brossait ou ponçait un peu pour leur donner du lustre, puis il les posait sur une étagère ou sur un appui de fenêtre.
Je n'ai aucun doute que ces murmures de sous-bois, ces éclats de nature rayonnante de belles randonnées, de ces moments de liberté et de grand air m'ont amené un jour à vouloir tailler des morceaux de bois, les tourner, les polir et jouer avec les parties laissées nature, avec l'écorce et parfois des mousses et des lichens, et puis d'autres parties, bien finies, satinées.
Et me voici tourneur sur bois pour compléter la petite collection d'amoureux de la nature commencée alors, sans aucun doute, même si mes objets n'arrivent pas à la cheville de ces petits chefs d’œuvre de spontanéité et de simplicité débusqués d'un coup d’œil par mon père.


Oiseau en bois flotté

Un de ces morceaux de bois glanés par mon père, une statuette qui pour l'enfant que j'étais était comme le rêve de toute une forêt bruissante et bien vivante posée là, sur un appui de fenêtre intérieur, de fenêtre intérieure :)

À suivre !... publié le 22.12.2021